PLIAGE DE PAPIER

La matière première.
image origami

Quoique l'on puisse retrouver des prémices datant de la période Han (202 av.J.C.), le premier véritable papier fut invente en Chine en 105 ap. J.C. grâce à un fonctionnaire impérial responsable notamment de la bibliothèque de l'Empereur Ho. Du nom de Ts'ai Lung, il eut l'idée d'un mélange de base comprenant écorce de bois travaillée en fibres fines, fibres de jute, chiffons, vieux filets de pêche macérés ainsi qu'une substance mucilagineuse pour coller l'ensemble.
Il fallut attendre cinq siècles pour que des moines bouddhistes coréens le découvrent en Chine et pour qu'en 610 il soit introduit au Japon par le prêtre physicien Tam-Chi (Doncho en japonais). Cherchant à améliorer la qualité, le prince régent Shotoku poussa à l'utilisation du mûrier (Kôzô) et du chanvre dont il développa les plantations. Durant la dynastie Tang (618-906), l'Islam étendit son influence de la péninsule ibérique à l'Iran et entra en conflit avec cette dynastie qui fut vaincue. Des artisans capturés comme prisonniers de guerre permirent à la fabrication du papier de s'étendre dans tout le monde islamique du 8e au 11e siècle. Des centres de production tels Samarcande, Bagdad ou Damas exportèrent la méthode vers l'Europe puis de là vers le reste du monde. C'est au 8e siècle que l'Islam installe une fabrique de papier en Espagne et au 11e siècle que la fabrication du papier parvient en France. L'introduction en Italie se fit par Damas et une production florissante contribua au 14e siècle au développement de la culture de la Renaissance.

L'histoire du pliage.

La tradition rapporte que dans la Chine du 2e siècle de notre ère, on déposait dans les tombes des modèles de maisons, d'ustensiles ménagers ou de figurines réalisés en papier afin que les défunts ne manquent de rien dans l'au-delà. Dans les communautés bouddhiques on fait encore des offrandes en papier lors des obsèques par crémation.
image origami femmeMais le pliage de papier ou origami en japonais (de oru : plier et de gami : papier) se développa jusqu'à une forme d'art principalement au Japon et dans un premier temps à des fins religieuses et rituelles. Des pliages à caractère ésotérique comme le ≪gohei≫ sont enfermés dans le reliquaire des temples shintô. Ils ont la forme de banderoles pliées en zigzag, le nombre et le genre des plis ayant une extraordinaire importance.
Durant la période Heian (794-1192), particulièrement raffinée, l'origami servit au divertissement de la noblesse de cour. Les règles de la bienséance prirent une grande importance et l'on vit se développer la tradition des ≪noshi≫. Il s'agissait d'un cadeau de départ fait aux guerriers partant en campagne et qui, à l'origine, se présentait sous la forme d'une fine tranche de ≪noshi-awabi≫, un coquillage appelé ≪oreille de mer≫. Devenu rare, il fut remplacé par une lamelle de papier teint en jaune placée dans un cornet plat de papier blanc ou rouge et blanc, serré à l'aide de cordons décoratifs en papier torsadé. Cette tradition s'est perpétuée jusqu'à nos jours pour decorer les cadeaux de qualité mais le noshi imprimé a supplanté le pliage en volume. C'est en outre de l'an Mille que l'on date les premières représentations traditionnelles : la grue, la grenouille et le crabe.
A l'époque Muromachi (1392-1572) l'art du pliage se développe en direction des enfants et fait l'objet d'une transmission familiale régulière a l'aide d'une cinquantaine de figures traditionnelles. Par la suite (Epoque Edo de 1603 à 1868) apparaissent des sources écrites se rapportant à cet art : l'ouvrage ≪Chushingura-origata≫ décrit 25 projets de pliage qui sont le reflet des figures d'une pièce de théâtre traditionnelle, le livre publié en 1797 sous le titre ≪Sembatsuru-origata≫ ( Comment plier mille grues ) explique comment plier 97 grues reliées .

les unes aux autres par les ailes, le bec ou la queue à l'aide d'un seul carré de papier. Dorénavant le pliage fait partie de l'instruction des enfants et en particulier des jeunes filles dés l'école primaire durant la période Taisho (1912-1926)
D'autres traditions existent de par le monde et en particulier celle des Maures d'Afrique du Nord qui, en tant qu'excellents mathématiciens, démontraient la géométrie par le pliage. Malgré l'Inquisition qui les expulsa, leur influence permit à l'Espagne d'être a l'origine de la fameuse ≪cocotte≫ (la Pajarita), immortalisée en France par Eugène Labiche dans ses pièces évoquant le travail dans les ministères. Plus prés de nous, il est intéressant de noter les expériences du pédagogue allemand Froebel, créateur en 1840 du premier jardin d'enfants et celles de Laslo Moholy -Nagy incluant des cours de pliage au niveau de l'école d'architecture du Bauhaus en 1930.
Mais c'est grâce au Maître japonais Akira Yoshizawa que les différentes traditions purent se rejoindre, en particulier à partir de 1955 (Exposition au musee municipal d'Amsterdam). Il mit au point un langage international à l'aide de symboles qui permettent de déchiffrer tous les livres d'origami.

De la technique à l'art.

En général on utilise un carré de papier afin de réaliser un animal, une fleur ou tout autre objet, en pratiquant des plis successifs et sans coller ni couper la feuille. Le langage se compose de plis de base (montagne ou vallée par ex.), d'actions (plier vers l'avant ou vers l'arrière, en foncer, retourner par ex.) et de bases (du moulin, du poisson, de l'oiseau ou de la grenouille par ex.).
image origami cerfLe pliage de papier qui fut un art mondain fut aussi utilisé pour la réalisation d'objets pratiques. Depuis le 14e siècle les Japonaises plient des sachets pour conserver des poudres ou des herbes médicinales. Lors des mariages les bouteilles de saké sont encore décorées avec des papillons de papier. Les pliages jouent aussi un rôle à l'occasion de nombreuses fêtes : celle des jeunes filles, le 3 mars, avec la tradition des poupées ≪Hina≫, celle des garçons, le 5 mai, pendant laquelle les enfants fixent à des tiges de bambou installées devant la maison des carpes de papier rouges et noires, symboles de force et d'énergie.
Les caractéristiques des papiers utilisés ajoutent à la qualité des oeuvres et en la matière les Japonais sont de nouveau de grands spécialistes, notamment par la fabrication artisanale du ≪washi≫, dont la pulpe est basée sur les fibres d'arbustes et de plantes typiquement japonaises (Kôzô, mitsumata, gampi). C'est un papier léger, souple et soyeux mais qui reste particulièrement solide et durable.
Certains plieurs ont recherché d'autres voies : le pliage modulaire pour lequel on procède par emboîtement de modules pré-pliés, la technique du pliage de papier mouillé, le froissement/pliage, l'utilisation de formats et/ou de matériaux divers tels que rectangles, triangles, hexagones, tickets de métro, sachets de thé, etc.

Le Mouvement Français des Plieurs de Papier ( M.F.P.P.).

image origami bouddhaA l'heure actuelle il existe dans de nombreux pays des associations qui maintiennent entre elles des contacts reguliers et dont le but essentiel est de concourir au developpement d'un art resté longtemps trop mal connu.
Le Mouvement Francais des Plieurs de Papier qui existe depuis plus de vingt ans est l'une d'entre elles. Créé par un artiste diplômé des Arts décoratifs, Jean-Claude Correia, il rassemble tous les passionnés de pliage en une association à but non lucratif. Il présente ses activités depuis de nombreuses années à chaque salon de la Maquette et du modéle réduit/salon des jeux.
Pour en savoir plus sur les activités offertes tout au long de l'année par le M.F.P.P., rendez vous sur le stand où vous pourrez admirer de nombreuses réalisations et pratiquer cet art millénaire avec l'aide de quelques bénévoles.

Hors salon les renseignements peuvent être obtenus au siège social de l'association : 56, rue Coriolis 75012 PARIS (Métro Dugommier) Téléphone/Répondeur :01 43 43 01 69.
Site Internet : http://www.mfpp-origami.fr

 



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